Les mobilisations collectives européennes de l’impuissance à la nécessité d’alliance

Résumé : Il existe deux manières de s'intéresser aux mobilisa-tions collectives européennes. La première consiste à développer une perspective comparative en analysant les actions revendicatives dans chaque pays de l'Union afin d'en dégager les ressemblances et les dissem-blances, tant du point de vue des acteurs mobilisés, des thèmes revendicatifs avancés que des modes de mobili-sation retenus. Dans une analyse de cette sorte, le caractère national de la mobilisation collective demeure prédominant et la dimension transnationale peu mise en avant. La seconde vise à s'intéresser aux mobilisa-tions européennes proprement dites, c'est-à-dire aux actions transnationales, communautaires, et aux conflits transfrontaliers. Ce choix nécessite de dresser un état des lieux de ce type d'actions, d'analyser les formes prises par les mobilisations et de comprendre, après les avoir inventoriés, les facteurs qui leur sont favorables ou défavorables. Opter pour cette alternative ne conduit pas pour autant à délaisser les situations nationales car elles pèsent, directement ou indirecte-ment, sur l'état de la mobilisation à l'échelle euro-péenne. Notre propos portera sur cette seconde dimension, pour deux raisons essentielles. Tout d'abord, parce que ce thème des mobilisations collectives européennes constitue une sorte de serpent de mer dans l'étude des relations professionnelles internationales. En effet, la création progressive d'un espace commun européen a débuté aujourd'hui depuis près d'un demi-siècle. Cette création a suscité l'espoir qu'il constituerait à terme « la dimension propice à la construction de solutions collectives et syndicales pertinentes, entre le cadre national et l'espace planétaire » (Azouvi, 2000). Or, le chaud et le froid n'ont cessé de souffler sur cet espoir, les analyses produites balançant en permanence entre optimisme et pessimisme. Certains observateurs sociaux considèrent néanmoins cette « europénéisation » comme une tendance de la conflictualité contempo-raine. C'est notamment le cas de Sophie Béroud et de René Mouriaux qui, sans ignorer les contradictions et les obstacles qui pèsent sur le mouvement syndical européen, notent une « europénéisation tendancielle des luttes » (Béroud, Mouriaux, 2005) ; d'où la nécessité de dresser une sorte de bilan d'étape. Ensuite, parce que les nombreux débats qui ont accompagné le projet de ratification du traité constitutionnel européen, en France en tout cas, ont donné une certaine actualité à cette question – ne serait-ce qu'en soulevant à nouveau le problème du droit de grève européen.
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Contributeur : Jean-Michel Denis <>
Soumis le : vendredi 28 août 2015 - 10:38:02
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Jean-Michel Denis. Les mobilisations collectives européennes de l’impuissance à la nécessité d’alliance. Droit social, Librairie technique et économique, 2006, pp.1-7. ⟨hal-01187487⟩

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