Accéder directement au contenu Accéder directement à la navigation
Communication dans un congrès

Modélisation des flux annuels de micropolluants émis dans les eaux de ruissellement: contribution au développement d'un modèle source / flux et application au cas des métaux et des HAP

Résumé : La quantification des flux de polluants des eaux pluviales issus des différentes sources diffuses en milieu urbain constitue une étape essentielle pour parvenir à réduire les charges polluantes et protéger ainsi les milieux récepteurs. Dans cette communication, nous présentons une méthode de quantification inspirée des méthodes de " substance flow analysis " (SFA) visant à estimer la contribution de chaque source primaire à la charge polluante des eaux pluviales. La principale innovation méthodologique introduite par rapport aux méthodes SFA classiques est une estimation de l'incertitude parallèle à l'estimation des flux. Cette solution permet d'obtenir une quantification de l'incertitude plus précise et transparente par rapport aux études préexistantes. La méthode est appliquée aux trois bassins versants du projet INOGEV pour quatre polluants : Cu, Pb, Zn et HAP. En raison de la diversité des bassins et des données disponibles, des procédures spécifiques de quantification sont développées pour chaque cas. Les sources considérées comprennent le dépôt direct en provenance du trafic routier (usure des freins, des pneus, des chaussées, émissions à l'échappement), les retombées atmosphériques, le lessivage des surfaces de toiture. En outre, en reconnaissant l'importance potentielle des accessoires métalliques présents dans les toitures (gouttières, descentes, étanchéités,...), peu étudiés dans la littérature scientifique, pour le bassin versant de Sucy-en-Brie une analyse a été conduite sur un échantillon de bâtiments pour analyser la contribution de ces accessoires aux émissions de métaux. Pour le cuivre, les résultats de l'analyse montrent un comportement assez similaire entre les deux bassins résidentiels de Sucy et de Pin Sec, avec une dominance des émissions par le trafic (usure des plaquettes de freins) sur les autres. Sur le bassin industriel de Chassieu, au contraire, les retombées atmosphériques sont la source principale. Ce type de différence semble être guidé par le rapport entre trafic routier et surfaces imperméables, beaucoup plus faible à Chassieu (grands espaces imperméabilisés à l'intérieur des parcelles) que sur les deux bassins résidentiels. Pour le plomb, dont les émissions par les activités, et notamment par le trafic, ont été fortement réduites au cours des dernières années suite à des réglementations, l'analyse des éléments d'étanchéité réalisée à Sucy montre que ces derniers sont responsables de la quasi totalité des émissions de ce métal. Ce résultat souligne l'importance, comme perspective de recherche, d'une analyse approfondie des différents matériaux employés, même de manière ponctuelle, dans les toitures. Pour le zinc, l'importance de la contribution des éléments métalliques des toitures se confirme. Cependant, dans ce cas leur poids est moins significatif, en raison de l'existence d'autres sources importantes de ce métal. A Sucy, les gouttières et étanchéités en zinc contribuent pour un tiers environ aux émissions totales. Les autres sources significatives, présentes sur les trois bassins sont les surfaces de toiture, l'usure des pneus et les retombées atmosphériques, particulièrement significatives à Chassieu. En valeur absolue, les émissions par hectare imperméabilisé à Sucy sont plus importantes que dans les autres bassins, même en faisant abstraction des éléments ponctuels et linéaires des toitures. Cela dépend de la forte contribution du trafic face à une imperméabilisation faible. Pour les HAP, les deux sources principales pour les trois bassins sont l'usure des pneus et le dépôt atmosphérique. L'ordre d'importance des deux varie selon les bassins, mais l'incertitude des estimations empêche d'établir des priorités claires. Alors que pour les autres contaminants la comparaison avec la littérature confirme nos estimations, pour les HAP il semble que nous sous-estimons les flux totaux. Cela laisse supposer l'existence soit de sources diffuses significatives que nous n'avons pas répertoriées (eaux usées, fuites d'huiles et essence des voitures), soit de sources ponctuelles ou accidentelles.
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal-enpc.archives-ouvertes.fr/hal-00962297
Contributeur : Marie-Christine Gromaire <>
Soumis le : vendredi 21 mars 2014 - 09:07:14
Dernière modification le : mercredi 26 février 2020 - 19:06:15

Identifiants

  • HAL Id : hal-00962297, version 1

Citation

Guido Petrucci, Marie-Christine Gromaire, Ghassan Chebbo. Modélisation des flux annuels de micropolluants émis dans les eaux de ruissellement: contribution au développement d'un modèle source / flux et application au cas des métaux et des HAP. Colloque de clôture des programmes INOGEV et GDEP, Dec 2013, Nantes, France. ⟨hal-00962297⟩

Partager

Métriques

Consultations de la notice

371