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Communication dans un congrès

Afrique/États-Unis, une relation singulière

Résumé : Actes en ligne : http://www.gabrielperi.fr/IMG/pdf/Afrique_et_Europe_Neocolonialisme_ou_Partenariat.pdf A priori les États-Unis disposent vis-à-vis de l'Afrique d'une posture singulière qui les distingue des métropoles européennes dont l'image reste toujours celle de l'ancien colonisateur. Rien de tel avec les États-Unis. Pas d'occupation militaire, pas de mé- moire d'empire britannique ou français, pas de commerce des esclaves - même s'ils en furent en partie bénéficiaires -, pas de crimes colonialistes, pas de pillages ou d'extorsion de surplus, pas de croissance et de développement nourris par l'exploitation du continent africain. Bref, pas de passé commun entremêlé qui aurait pu laisser de mauvais souvenirs. Rien de tel parce que les États-Unis se sont formés tardivement et qu'après avoir dé- truit leurs indigènes - les populations indiennes - ils se sont tournés vers ce qui deviendra leur arrière-cour, l'Amérique latine, où ils ne s'imposeront qu'après la seconde guerre mondiale. Quant à leurs expéditions impériales et guerrières, c'est plutôt du côté de l'Asie et du Moyen-Orient qu'elles se sont dirigées. Le sous-développement de l'Afrique ne leur doit rien. À cet atout s'en ajoutent deux autres. Leur attitude de principe favorable aux luttes en faveur des indépendances, même si le souci, déjà, d'évincer des concurrents ne pouvait être écarté, ni celui de s'ingérer et de diviser les mouvements de libération nationale pour y appuyer toujours les fractions les plus modérées qui, dans le contexte de la guerre froide, ne pouvaient qu'être conciliantes avec l'Occident. Enfin, les États-Unis se présentent comme une nation possédant une forte minorité afro-américaine, donc ayant des " racines africaines ". Ils exploitent habilement cette image notamment à travers la nomination de diplomates afro-américains en Afrique. Ces trois atouts expliquent pourquoi leurs rapports avec l'Afrique ne sont pas pollués de repentances, de susceptibilités, de réparations ou de ressentiments, et leur procurent un avantage sur les anciennes puissances coloniales européennes. Il ne faudrait pas croire pour autant que dès leur indépendance les pays africains vont se tourner vers les États-Unis qui présentent à leurs yeux le défaut de faire partie du monde occidental, celui d'où viennent leurs anciens colonisateurs. Par ailleurs les États-Unis sont encore loin d'avoir mis fin à leur politique raciale sur le plan intérieur, ce qui altère encore leur image sur le continent africain. Au moment des indépendances, l'évolution du Congo (devenu plus tard Zaïre) sera emblématique de la capacité d'engagement des États-Unis et surtout de la dissymétrie des influences. Un caractère marginal des intérêts américains en Afrique n'est pas incompatible avec l'impact décisif qu'il peut avoir sur le continent. Si le Congo ne pré- sentait pas un intérêt central pour les États-Unis, le simple fait que ceux-ci s'y intéressent et aient fait le choix de peser sur son évolution a été décisif pour celui-ci.
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal-enpc.archives-ouvertes.fr/hal-00829597
Contributeur : Frédérique Bordignon <>
Soumis le : lundi 3 juin 2013 - 15:18:01
Dernière modification le : vendredi 2 octobre 2020 - 23:26:02

Identifiants

  • HAL Id : hal-00829597, version 1

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Citation

Michel Rogalski. Afrique/États-Unis, une relation singulière. Colloque international " L'Afrique et l'Europe dans la nouvelle géopolitique mondiale ", Jan 2008, Dakar, France. pp.43-50. ⟨hal-00829597⟩

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